Page d’information indépendante · toutes les affirmations sont sourcées
L’ostéopathien’est pas une science.
L’ostéopathie est une pratique de soins non conventionnelle, fondée en 1874 par un magnétiseur
américain à la suite de ce qu’il a lui-même décrit comme une révélation[1].
En France, elle bénéficie d’un titre professionnel protégé depuis la loi du 4 mars
2002[2,10], d’une formation de cinq ans et 4 860 heures fixée par
décret[5], et d’une image de sérieux proche de celle des professions de
santé : 86 % des Français déclarent faire confiance aux ostéopathes, et 67 % de ceux qui ont
consulté s’étaient vu recommander la démarche par un médecin, un masseur-kinésithérapeute ou
une sage-femme[8,9]. Ses concepts fondateurs n’ont pourtant jamais
été validés, et lorsqu’elle a été comparée à un placebo dans un essai randomisé, elle n’a pas
obtenu de meilleur résultat[11,12].
Cette page expose ce qu’est l’ostéopathie, pourquoi ses résultats ne résistent pas
à l’évaluation, pourquoi tant de patients constatent malgré tout que « ça marche sur eux »,
les rares situations dans lesquelles y recourir reste défendable,
vers qui se tourner à la place, et comment aborder le sujet avec son entourage.
en jaune, les conclusions et les affirmations fortesen rouge, ce qui relève du risque sanitaire[n] renvoie à la source correspondante
Précision liminaire : cette page ne conteste pas le soulagement ressenti par les patients.
Elle conteste l’explication qui leur en est donnée, ainsi que les conséquences de cette
explication sur leurs décisions de santé.
25 000
praticiens en France : 15 000 ostéopathes exclusifs et 10 000 professionnels de santé pratiquant l’ostéopathie[34,31].
estimation de l’Igas
42
ostéopathes pour 100 000 habitants, premier rang mondial, contre 8 pour 100 000 au Royaume-Uni et en Allemagne[34,31].
cinq fois la densité britannique
31
écoles agréées, toutes privées et payantes, formant 10 300 étudiants[34,31].
aucun cursus en faculté de médecine
0 €
pris en charge par l’Assurance maladie. La séance est facturée 50 à 80 € et reste à la charge du patient ou de sa complémentaire[36].
acte hors nomenclature
0
preuve d’efficacité pour l’ostéopathie crânienne, inscrite par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes au tableau des techniques illusoires[18,20].
rapport CORTECS, 2015 et 2016
2 300
ostéopathes pourraient être diplômés chaque année à partir de 2026 si les écoles atteignaient leurs capacités maximales[6,31].
projection de l’Igas
01/06
Qu’est-ce que l’ostéopathie ?
Une doctrine formulée en 1874, dont les concepts fondateurs structurent encore la pratique et l’enseignement, exercée en France par environ 25 000 praticiens.
Une révélation, non une découverte
En 1874, Andrew Taylor Still, médecin autodidacte et magnétiseur du Missouri, perd trois de ses
enfants d’une méningite. La médecine de son époque est impuissante : les antibiotiques n’existent
pas encore. Still formule alors une doctrine qu’il présente comme le produit d’une
révélation divine : la maladie proviendrait d’un blocage mécanique du
corps entravant la circulation et empêchant l’organisme de se réparer lui-même[1].
Cette doctrine n’a pas été construite à partir d’observations, puis testée, corrigée ou
abandonnée : elle a été énoncée d’un seul tenant. Ses quatre principes fondateurs sont
toujours enseignés et revendiqués aujourd’hui[1,36],
et la « lésion ostéopathique » de 1874 a simplement été rebaptisée « dysfonction somatique » :
c’est encore cette entité que les essais cliniques contemporains évaluent[13].
C’est la différence de méthode qui sépare une discipline scientifique d’un corpus de
croyances : la première est organisée pour identifier ses erreurs, la seconde pour les absorber.
Cinq planches de Osteopathy Complete, manuel publié en 1898, vingt-quatre ans après la fondation de la discipline. Elles présentent des manipulations manuelles comme traitement de l’impuissance, du lumbago et de la « lithémie aiguë », ainsi que des manœuvres destinées à « relever » la huitième côte ou les fausses côtes. Les quatre principes doctrinaux qui justifient ces gestes n’ont pas été révisés depuis[1].Crédit :
Internet Archive Book Images, via Wikimedia Commons, aucune restriction de droits connue
Les principes fondateurs
Trois principes constituent aujourd’hui le socle doctrinal de la discipline. Ce sont ceux que
retient l’Organisation mondiale de la santé dans son référentiel de formation à
l’ostéopathie[31], et ils sont enseignés tels quels dans les
écoles. Examinés isolément, ce sont des énoncés soit trop imprécis pour pouvoir être
contredits, soit sans mécanisme d’action plausible.
1
« L’être humain est une unité fonctionnelle dynamique »
Son état de santé serait influencé par son corps, son esprit et son âme, et chaque partie
agirait sur toutes les autres. Objection : que tous les tissus du corps
soient en continuité est un fait ; que traiter une cheville agisse sur une épaule ne l’est
pas[31]. Énoncé ainsi, le principe autorise à justifier
n’importe quel geste pour n’importe quel symptôme.
2
« Le corps s’autorégule et s’autoguérit naturellement »
Cet énoncé est exact, et c’est précisément ce qui rend l’ostéopathie difficile à évaluer :
la majorité des douleurs musculo-squelettiques régressent spontanément[26,31].
Attribuer cette régression au geste qui l’a précédée relève de l’erreur de raisonnement,
non de la preuve.
3
« La structure et la fonction sont interdépendantes »
Une articulation bloquée ou un organe mal positionné dérèglerait la fonction de
l’organisme. Objection : ces « lésions ostéopathiques », rebaptisées
« dysfonctions somatiques », ne sont visibles sur aucune imagerie et ne sont pas
retrouvées de la même manière par deux ostéopathes examinant le même
patient[18,14].
Ce que Still soutenait, et que l’on n’enseigne plus tel quel
Le fondateur ajoutait un quatrième principe : la règle de l’artère est absolue,
toute maladie provenant d’une gêne de la circulation sanguine[1].
La microbiologie, la génétique, l’immunologie et la cancérologie ont établi depuis
l’existence de causes entièrement étrangères à ce mécanisme : ce principe est faux.
Il a été discrètement abandonné, mais la philosophie vitaliste dont il procède, celle d’une
« force vitale » animant le vivant, reste au fondement du raisonnement clinique
ostéopathique[31].
Une pratique, plusieurs branches
Le même titre recouvre des approches qui ne partagent ni les mêmes gestes, ni les mêmes
justifications théoriques, ni le même degré de vraisemblance[1]. Le patient
n’est presque jamais informé de celle qui lui est appliquée.
Manipulations articulaires et musculaires. C’est la branche la moins
invraisemblable : la thérapie manuelle présente un intérêt modeste et limité dans
certains troubles musculo-squelettiques[26]. Elle n’a toutefois rien
de spécifiquement ostéopathique, les masseurs-kinésithérapeutes la pratiquant également,
avec un diplôme d’État et une prise en charge par l’Assurance maladie.
B
Crânienne
Elle postule un « mouvement respiratoire primaire » : les os du crâne se déplaceraient au
rythme d’un fluide, perceptible sous les doigts de l’ostéopathe.
Ce mouvement n’a jamais été mis en évidence et la concordance entre
ostéopathes palpant le même sujet est très faible[18].
C
Viscérale et somato-émotionnelle
Elles prétendent « libérer » un organe de sa position ou une émotion stockée dans un tissu.
Aucun mécanisme physiologique connu ne rend ces opérations possibles, et l’Académie
nationale de médecine a relevé l’absence de fondement scientifique avéré de la branche
viscérale[21].
Objection fréquente
« Mais c’est un diplôme d’État »
La formule est trompeuse, et la confusion se comprend :
le diplôme d’ostéopathe est bien reconnu par l’État, mais ce n’est pas un diplôme
d’État. Les deux notions sont distinctes, et cet écart explique en grande partie la
crédibilité dont la pratique jouit en France.
Reconnu par l’État n’équivaut pas à diplôme d’État
Ce qui est exact : jusqu’en 2002, seuls les médecins pouvaient exercer l’ostéopathie en
France[31]. La loi du 4 mars 2002, en son article 75, a
créé un usage professionnel protégé du titre d’ostéopathe[2], le cursus est
encadré par décret et la certification est enregistrée au répertoire national des
certifications professionnelles au niveau 7, soit l’équivalent d’un bac+5[10].
Parler d’un diplôme reconnu par l’État est donc légitime.
Ce qui ne l’est pas : en droit français, un diplôme d’État désigne une
catégorie précise, celle que l’État délivre lui-même pour les professions de santé
réglementées (infirmier, masseur-kinésithérapeute, sage-femme). Le diplôme d’ostéopathe
n’en relève pas. Il est délivré par un établissement privé agréé, et la fiche officielle
de la certification le qualifie de « titre à finalité professionnelle », en
désignant comme certificateur l’établissement de formation lui-même, non
l’État[10]. L’agrément ministériel porte sur le
fonctionnement de l’école, non sur la validité scientifique de son
enseignement[1,36].
L’ostéopathie n’est pas une profession de santé
Elle ne figure pas dans la quatrième partie du code de la santé publique, qui énumère les
professions de santé[1]. Il en résulte l’absence d’ordre professionnel,
l’absence de code de déontologie opposable, l’absence de chambre disciplinaire et l’absence
de prise en charge par l’Assurance maladie. Aucune instance de contrôle propre à la
profession n’existe.
4 860 heures de formation à une doctrine non validée
Le décret du 12 décembre 2014 a porté la formation à cinq ans et 4 860 heures pour les
titulaires du baccalauréat, dans des établissements privés[5],
dont l’année revient à près de 10 000 euros[32].
La durée d’une formation ne constitue pas une preuve d’efficacité de ce qui y est
enseigné : un enseignement rigoureux peut porter sur un contenu erroné.
Le titre est accessible sans formation de santé préalable
Une personne sans aucune formation de santé peut obtenir le titre à l’issue des cinq
années d’école privée et exercer immédiatement[5,1].
Elle exercera alors sous le seul titre d’ostéopathe, sans être professionnelle de santé.
À quel titre un médecin ou un kinésithérapeute peut-il s’en prévaloir ?
C’est une question fréquente, et la réponse figure aux articles 4 à 15 du décret de 2007.
L’usage professionnel du titre est réservé à trois catégories[3,4] :
les médecins, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes et infirmiers
autorisés à exercer et titulaires d’un diplôme universitaire ou interuniversitaire délivré
par une faculté de médecine et reconnu par le Conseil national de l’ordre des médecins ;
les titulaires d’un diplôme délivré par un établissement agréé ; et les titulaires d’une
autorisation d’exercice accordée au titre du régime transitoire.
Autrement dit, le titre d’ostéopathe est toujours un titre additionnel, obtenu par
une formation complémentaire. Il n’est jamais une extension du diplôme d’État. Ces
professionnels bénéficient en revanche d’un volume de formation réduit :
1 900 heures pour les masseurs-kinésithérapeutes et les sages-femmes,
2 300 heures pour les infirmiers et les pédicures-podologues, contre 4 860 heures
pour un titulaire du baccalauréat[5].
La réglementation impose d’ailleurs d’afficher sur la plaque et sur tout document le
diplôme d’ostéopathie ainsi que, séparément, les diplômes d’État éventuellement
détenus[4] : la distinction est faite par le texte
lui-même. Un kinésithérapeute-ostéopathe reste kinésithérapeute par son diplôme d’État, et
la partie ostéopathique de son exercice n’est pas mieux validée que celle d’un
ostéopathe exclusif.
Pourquoi l’État agrée-t-il des écoles qui enseignent cela ?
La question est légitime, et la réponse tient à la nature de l’agrément.
Il s’agit d’une procédure administrative, non d’une évaluation scientifique.
L’agrément vérifie qu’un établissement respecte un cahier des charges réglementaire : volume
horaire, conformité du programme au référentiel de formation, qualification des enseignants,
encadrement de la clinique, capacités d’accueil[5].
À aucun moment la procédure n’examine si ce qui est enseigné est démontré.
Le référentiel lui-même a été construit à partir de la pratique existante, en concertation avec
la profession. L’État a donc encadré une pratique déjà installée, il ne l’a pas
validée. Le décret de 2007 le montre en creux : plutôt que de se prononcer sur la méthode,
il restreint les actes les plus risqués et impose d’orienter vers un médecin dès que les
symptômes justifient des examens complémentaires[3,4].
Un texte qui validerait l’ostéopathie n’aurait pas besoin de ces garde-fous.
Le contrôle est en outre jugé défaillant par l’administration elle-même. L’Inspection générale
des affaires sociales relève que « le caractère déclaratif [sans visite sur site] des
éléments produits ne permet pas de s’assurer du respect de certains critères pourtant
essentiels touchant en particulier à la pédagogie et au niveau des compétences
professionnelles acquises lors des pratiques cliniques »[6,7,31].
Autrement dit, l’administration agrée sur dossier, sans se rendre dans les écoles. Elle
recommande par ailleurs de réduire les capacités d’accueil face à une croissance
démographique non maîtrisée[6].
Un agrément ministériel atteste donc qu’une école respecte un cahier des charges.
Il n’atteste pas que l’ostéopathie fonctionne, et il n’a jamais eu cet objet.
La confusion avec la masso-kinésithérapie
Pour la plupart des patients, ostéopathe et masseur-kinésithérapeute désignent une même
réalité. Ce n’est pas le cas. Le masseur-kinésithérapeute est un professionnel de santé,
titulaire d’un diplôme d’État de niveau master, inscrit à un ordre, soumis à une déontologie
opposable, pris en charge par l’Assurance maladie sur prescription, et formé sur des
connaissances régulièrement réévaluées. Le titre d’ostéopathe, lui, n’est pas un diplôme
d’État, la profession n’a ni ordre professionnel ni code de déontologie, ses actes ne sont
pas remboursés par la Sécurité sociale, et elle ne pratique pas de
rééducation[31].
Cette confusion est entretenue par les complémentaires santé, qui remboursent les deux
pratiques dans un même forfait[39,40], par des cabinets exerçant les
deux activités, et par l’emploi d’un vocabulaire médical (« lésion », « diagnostic »,
« traitement ») sans les garanties qui l’accompagnent normalement.
Ce que la réglementation interdit déjà
Le cadre réglementaire français restreint la pratique là où elle présente le plus de risques.
Ces limites sont fixées par le décret du 25 mars 2007[3]. Elles sont
largement ignorées des patients.
Interdit à un ostéopathe non médecin
Les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers
pelviens[3]. Cette interdiction est absolue : aucun accord
médical ne permet d’y déroger. Un ostéopathe qui pratique ces actes se place hors du
cadre légal. La restriction ne s’applique pas aux médecins ni aux autres professionnels
de santé habilités à les réaliser au titre de leur propre exercice.
Manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six
mois : subordonnées à un certificat médical attestant l’absence de contre-indication,
établi par un médecin[3,21].
Manipulations cervicales : également subordonnées à une attestation médicale
de non contre-indication[3,24]. Il s’agit du geste associé au
risque de dissection artérielle.
Champ limité aux troubles fonctionnels : l’ostéopathe ne peut intervenir
lorsque les symptômes justifient des examens complémentaires, et doit orienter le patient
vers un médecin[3].
Aucun droit de diagnostic médical, de prescription ni d’interruption de
traitement. Un ostéopathe conseillant l’arrêt d’un médicament sort de son
cadre d’exercice[3].
02/06
Pourquoi cela ne fonctionne pas
Ses concepts ne décrivent aucune réalité mesurable, et là où elle a été correctement évaluée, elle n’obtient pas de meilleur résultat qu’un placebo.
La question pertinente
La question n’est pas de savoir si le patient va mieux après la séance. Il va souvent mieux,
et cette observation ne permet aucune conclusion. La seule question qui permette de distinguer
un traitement d’un rituel est la suivante :
Les patients traités vont-ils mieux que des patients ayant reçu un placebo,
c’est-à-dire la même durée de séance, le même ostéopathe, le même contact manuel, mais des
gestes dépourvus de contenu ostéopathique ?
Principe de l’essai randomisé contre placebo, appliqué à l’ostéopathie en 2021
Si l’écart avec le placebo est nul ou négligeable, la conclusion est mécanique :
ce n’est pas le geste qui produit l’effet. L’amélioration observée provient
alors d’autres facteurs, examinés en section 03.
Ce qui a été évalué, et ce qui en ressort
Un essai isolé ne suffit jamais à conclure. Le niveau de preuve le plus élevé est la
méta-analyse, qui rassemble tous les essais disponibles sur une question,
évalue leur qualité méthodologique et agrège leurs résultats. Sur l’ostéopathie, ces travaux
existent, ils sont publiés dans des revues à comité de lecture, et ils convergent.
Pourquoi le même mot désigne deux choses sans rapport
Aux États-Unis, les Doctors of Osteopathic Medicine (D.O.) sont des
médecins de plein exercice, formés en faculté, habilités à prescrire et à
opérer. Leur diplôme n’a rien de commun avec le titre d’ostéopathe français, qui ne
correspond ni à un diplôme d’État ni à une profession de santé[10,31].
L’explication est historique. Still fonde son école à Kirksville, dans le Missouri, en 1892.
Le rapport Flexner de 1910, qui refonde l’enseignement médical américain, préconise la
fermeture des écoles d’ostéopathie. Plutôt que de disparaître, celles-ci choisissent
d’aligner leur programme sur celui des facultés de médecine. Après la mort de Still
en 1917, la discipline se scinde durablement : une branche s’absorbe dans la médecine
scientifique, l’autre reste une thérapie manuelle et s’implante en
Europe[35].
De 1901 à 1989, les D.O. américains obtiennent des législatures d’État les mêmes droits
d’exercice que les M.D. ; ils sont aujourd’hui médecins dans les cinquante États, et suivent
les mêmes internats[35]. Aux États-Unis, le nom
est resté mais le contenu a changé. En Europe, c’est l’inverse : le contenu est resté, sans
le statut médical.
Les études citées ci-dessous ne portent donc pas sur la médecine ostéopathique américaine :
elles portent sur les techniques manuelles elles-mêmes, celles que pratiquent les
ostéopathes français, indépendamment du statut de celui qui les applique.
Méta-analyse · douleurs cervicales et lombaires · 2024
Le traitement ostéopathique n’est supérieur ni au simulacre ni au placebo
Cette revue systématique avec méta-analyse, publiée dans Diseases en novembre 2024,
a interrogé PubMed, la base PEDro, la Cochrane Library et Web of Science depuis leur origine.
Elle compare le traitement ostéopathique des « dysfonctions somatiques » à des interventions
simulées ou placebo, chez des patients souffrant de cervicalgie ou de lombalgie.
Conclusion des auteurs : le traitement ostéopathique n’est pas supérieur au simulacre ni au
placebo pour améliorer la douleur, l’incapacité fonctionnelle et la qualité de
vie[13]. C’est le résultat le plus solide dont on dispose aujourd’hui,
et il porte sur les deux motifs de consultation les plus fréquents.
Revue systématique · ostéopathie crânienne · 2016
Ni fiabilité diagnostique, ni efficacité clinique
Publiée dans PLOS ONE, cette revue systématique a examiné l’ensemble des travaux
disponibles sur l’ostéopathie crânienne. Elle conclut à l’absence de fiabilité des
diagnostics crâniens et à l’absence de preuve d’efficacité clinique[14].
Une méta-analyse de 2024 consacrée à la thérapie craniosacrale aboutit au même
constat : les essais de qualité méthodologique suffisante ne mettent en évidence
aucun effet propre[15].
Apprendre à percevoir ce qui n’est pas là
Ce point mérite d’être développé, car il explique la sincérité des praticiens.
L’ostéopathie crânienne demande à l’étudiant de percevoir sous ses doigts le déplacement
des os du crâne au rythme d’un fluide. Ce mouvement n’a jamais été objectivé, et la
concordance entre examinateurs palpant un même sujet est très
faible[18,14].
La difficulté est d’abord logique. Puisque cette perception n’est vérifiable par aucun
instrument, l’étudiant qui ne sent rien ne peut jamais en conclure qu’il n’y a rien à
sentir : la seule explication disponible dans ce cadre est qu’il n’a pas encore acquis
la finesse de palpation nécessaire. Ne rien percevoir est interprété comme un défaut de
l’apprenant, jamais comme une information sur l’objet.
Le dispositif est donc auto-scellé : il ne peut produire aucun résultat négatif.
Apprendre revient à faire coïncider ce que l’on rapporte avec ce que le groupe valide.
Au terme de cinq ans, le praticien rapporte de bonne foi une perception stable, acquise
par entraînement et confirmation collective, et non par contact avec un phénomène
mesurable. C’est aussi la raison pour laquelle mettre en cause l’honnêteté des ostéopathes
est à la fois inexact et sans effet : le problème est dans la méthode
d’apprentissage, pas dans les personnes.
Revue systématique · ostéopathie viscérale · 2018
Des techniques diagnostiques non fiables et aucune preuve d’efficacité
Publiée dans BMC Complementary and Alternative Medicine, cette revue a retenu huit
études de fiabilité et six études d’efficacité. Elle établit que
les techniques diagnostiques employées en ostéopathie viscérale ne sont pas fiables,
et que l’étude la moins biaisée ne met en évidence aucune différence significative sur le
critère principal. Les auteurs concluent à l’absence de données solides, tant sur la
fiabilité que sur l’efficacité[16].
Revue Cochrane · coliques du nourrisson · 2012
Des études trop faibles pour conclure à un bénéfice
La revue Cochrane consacrée aux thérapies manipulatives dans les coliques du nourrisson
relève que les essais disponibles sont de faible effectif et exposés à des biais
méthodologiques importants, ce qui ne permet pas d’établir un bénéfice[17].
Une limite y est déterminante : ce sont les parents, non aveugles et demandeurs d’une
amélioration, qui évaluent les pleurs.
Une séance de thérapie manuelle. Le geste photographié ici peut être pratiqué par un ostéopathe comme par un masseur-kinésithérapeute. Rien ne permet, à l’œil, de distinguer un traitement d’un placebo : c’est précisément ce que l’essai randomisé mesure.Crédit :
pxhere, domaine public (CC0)
Lombalgie · essai randomisé contre placebo · 400 patients
L’essai français LC-OSTEO, publié dans JAMA Internal Medicine en mars 2021
Conduit par l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris, cet essai a réparti par tirage au sort
400 personnes souffrant de lombalgie non spécifique subaiguë ou chronique entre de véritables
manipulations ostéopathiques et des manipulations placebo, à raison de six
semaines de traitement[11,12].
Résultat : un effet faible et non cliniquement pertinent sur la gêne
dans les activités quotidiennes, mesuré à trois mois puis à douze mois, et
aucun effet sur l’intensité de l, sur la qualité de vie ou sur la
consommation de médicaments[11,12].
La portée de ce résultat tient au terrain choisi : la lombalgie constitue le premier motif de
consultation en ostéopathie et le domaine où l’hypothèse d’une efficacité était la plus
plausible. Les ostéopathes y disposaient en outre d’une liberté complète de technique et
d’examen.
Le rapport CORTECS remis à l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes
Remis en 2015 et publié en 2016, ce rapport conclut à l’absence de preuve d’efficacité
thérapeutique et à l’absence de fiabilité diagnostique de l’ostéopathie crânienne. Le
« mouvement respiratoire primaire » supposé perceptible sous les doigts n’est pas objectivé,
et la concordance entre ostéopathes examinant un même sujet est
très faible[18,37]. À la suite de ce
rapport, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a inscrit l’ostéopathie crânienne au
tableau des techniques illusoires[20,19].
Le point le plus important de ce rapport est souvent négligé : un examen dont le résultat
varie selon la personne qui le pratique ne mesure pas l’état du patient. Il mesure les
attentes de l’examinateur.
Nouveau-nés · communiqué du 3 décembre 2024
La mise en garde de l’Académie nationale de médecine
L’Académie appelle l’attention des autorités sanitaires et des professionnels de santé sur
l’application aux nouveau-nés des pratiques ostéopathiques « viscérales et crâniennes »,
sans fondement scientifique avéré, et dont l’efficacité comme la sécurité ne
sont pas démontrées[21,22].
Sont visés les motifs couramment proposés aux parents : difficultés d’alimentation, pleurs
nocturnes, constipation, coliques, ballonnements, ronflements, agitation et otites.
L’Académie dénonce en outre la publicité faite à ces pratiques au sein des
maternités[21,22]. L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a
publiquement soutenu cette position[23].
Évaluation nationale · 2012
L’expertise de l’Inserm
Réalisée à la demande du ministère de la santé, elle conclut que « les réponses apportées
par l’ostéopathie sont potentiellement efficaces dans les douleurs d’origine vertébrales,
mais sans supériorité prouvée par rapport aux alternatives plus classiques. Dans les autres
indications, on ne peut conclure en l’état actuel des études
disponibles »[31,1].
L’expertise relève également que la formation reste « très hétérogène » selon les écoles, que
les indications revendiquées varient de l’une à l’autre, et que des
événements indésirables rares mais graves peuvent survenir lors de
manipulations des vertèbres cervicales[31]. Concernant les
coliques du nourrisson, les bénéfices rapportés ne sont pas distinguables d’un effet
placebo[1].
Ce qu’il faut concéder
La thérapie manuelle prise dans son ensemble, mobilisations et manipulations comprises,
présente un intérêt modeste dans certains troubles musculo-squelettiques, et la Haute Autorité
de santé lui reconnaît une place complémentaire dans la prise en charge de la lombalgie
commune, à condition qu’elle s’inscrive dans une démarche globale centrée sur la reprise de
l’activité[26]. L’Académie de médecine avait admis en 2013 une
efficacité modérée sur certaines lombalgies[1].
Ce constat ne valide pas l’ostéopathie, pour trois raisons.
Premièrement, cet effet n’a rien de spécifiquement ostéopathique. Ce qui
paraît le plus probant dans la pratique, ce sont des techniques de thérapie manuelle
classiques, qui font partie intégrante de la kinésithérapie[31].
Deuxièmement, il n’est pas supérieur à celui de la kinésithérapie ou de
l’exercice physique[26]. Troisièmement, il ne valide
aucune des branches crânienne, viscérale ou somato-émotionnelle,
qui constituent la spécificité doctrinale de l’ostéopathie.
La balance bénéfice-risque
Une pratique de santé ne s’évalue pas sur ses seuls bénéfices. On met en regard ce qu’elle
apporte et ce qu’elle coûte, en argent, en temps et en risque.
Bénéfices établis
Un soulagement ressenti réel, mais non spécifique du geste pratiqué[11].
Un effet modeste de la thérapie manuelle sur certaines lombalgies, également disponible en kinésithérapie[26].
Une durée de consultation longue et une écoute que le système de soins offre difficilement.
Une explication rassurante apportée à une douleur inquiétante, à condition qu’elle soit exacte.
Risques et coûts
Retard de diagnostic et perte de chance, principal risque documenté[3,36].
Dissection artérielle après manipulation cervicale : rare, mais pouvant entraîner un accident vasculaire cérébral[24,25].
Manipulations du nouveau-né sans bénéfice démontré ni sécurité établie[21].
50 à 80 € par séance, sans prise en charge par l’Assurance maladie[36].
Installation d’une représentation erronée du corps, du type « vertèbre déplacée » ou « bassin décalé ».
Le risque principal n’est pas l’accident spectaculaire
L’accident vasculaire consécutif à une manipulation cervicale existe et il est
documenté[24,25], mais il est rare. Le risque massif est d’une autre
nature : le retard de prise en charge. Une douleur d’épaule d’origine
cardiaque, une lombalgie révélant une fracture, une infection ou une lésion tumorale, un
nourrisson manipulé au lieu d’être examiné : chaque semaine consacrée à traiter un blocage
supposé est une semaine sans diagnostic.
C’est précisément pour ce motif que le décret de 2007 impose à l’ostéopathe d’orienter le
patient vers un médecin dès que les symptômes justifient des examens
complémentaires[3]. Encore faut-il que cette obligation soit appliquée,
et que l’ostéopathe dispose des connaissances nécessaires pour reconnaître les signes
d’alerte.
Document promotionnel d’un cabinet d’ostéopathie. La communication de la profession emprunte systématiquement les codes visuels et le vocabulaire du soin médical.Crédit :
Carlosski, via Wikimedia Commons, domaine public
Pourquoi la pratique se maintient
Le modèle économique de l’ostéopathie ne dépend pas de la démonstration de son efficacité.
Les complémentaires santé remboursent les séances, généralement au titre d’un forfait
« médecines douces », ce qui adresse au patient un signal implicite de validation[39,40].
Des médecins généralistes, en difficulté face aux douleurs chroniques, orientent leurs patients
faute d’alternative immédiatement disponible. Enfin, 40 000 ostéopathes formés dans des
établissements privés dépendent de cette patientèle[1].
Le collectif NoFakeMed, qui réunit des professionnels de santé, demande depuis 2018 la fin de la
prise en charge des pseudo-thérapies par les complémentaires santé, sur le modèle de ce qui a
été obtenu pour l’homéopathie[38,39]. Une médecin résume cet enjeu
en observant que sans les mutuelles, les ostéopathes n’existeraient
pas sur le marché de la santé[40].
03/06
« Mais ça marche sur moi, pourtant ! »
Le soulagement rapporté par les patients est réel. L’explication qui leur en est donnée ne l’est pas.
C’est l’objection la plus fréquente, et la plus légitime : le patient a eu mal, il a consulté,
il a eu moins mal. Ce constat n’est pas contesté ici. Ce qui est contesté, c’est l’inférence qui
en est tirée. « J’ai eu moins mal après » ne signifie pas « c’est le traitement qui m’a
soulagé ». Six mécanismes documentés séparent ces deux propositions, et ils suffisent à rendre
compte de ce que les patients observent.
1
L’évolution spontanée
La grande majorité des lombalgies communes, cervicalgies et contractures régressent d’elles-mêmes
en quelques jours à quelques semaines, indépendamment de toute intervention[26].
Une personne qui ne fait rien guérit également, mais elle n’a rien à quoi attribuer sa guérison.
2
La régression vers la moyenne
Un rendez-vous n’est pas pris lorsque la douleur est supportable, mais
lorsqu’elle atteint son maximum. Or une valeur extrême a, statistiquement,
toutes les chances d’être suivie d’une valeur moins extrême. Ce phénomène confère à
n’importe quelle intervention l’apparence d’une efficacité.
3
L’effet placebo
Une consultation longue, un contact manuel, l’assurance de l’ostéopathe, un bruit articulaire
audible et une explication cohérente réduisent réellement la douleur perçue et la contracture
musculaire. C’est un effet mesurable, mais il s’observe quel que soit le
geste effectué, y compris lorsque celui-ci est un placebo[11].
4
Le biais de confirmation
Les séances suivies d’une amélioration sont mémorisées et racontées. Les séances sans effet
sont attribuées à un nombre insuffisant de rendez-vous ou à un mauvais choix d’ostéopathe.
La doctrine n’est jamais mise en cause. Une théorie qu’aucune observation ne
peut contredire ne peut pas non plus être confirmée.
5
La justification de l’effort consenti
Une séance représente 50 à 80 €[36], un déplacement et un temps pris sur
la journée. L’évaluation rétrospective d’un bénéfice tend à s’ajuster à l’effort consenti.
Ce biais est documenté en psychologie sociale et ne se corrige pas par la seule volonté.
6
La durée d’écoute
Quarante-cinq minutes d’attention exclusive, des questions sur le sommeil, le travail et le
stress, un contact physique sans précipitation : ces éléments produisent un effet réel.
Ils ne relèvent toutefois pas de l’ostéopathie. Ils relèvent de ce que la médecine de ville
n’a plus le temps de fournir.
Toutes les pratiques de soins, y compris celles dont les principes se contredisent
mutuellement, disposent de patients satisfaits qui témoignent de leur efficacité.
Elles ne peuvent pas toutes avoir raison, mais elles peuvent toutes bénéficier des
six mêmes mécanismes.
Raison pour laquelle le témoignage individuel ne constitue pas une preuve
Les objections particulières
Les formulations ci-dessous sont celles que l’on rencontre le plus souvent. Chacune appelle une
réponse distincte.
« J’avais une lombalgie intense, j’ai consulté un ostéopathe, deux jours plus tard la douleur avait disparu. »
C’est l’évolution habituelle d’une lombalgie aiguë : intensification, plateau, puis
régression en quelques jours[26]. La consultation a lieu au moment du
maximum douloureux. La question n’est donc pas de savoir si la douleur a cessé, mais si elle
a cessé plus rapidement qu’en l’absence d’intervention. Cette question ne
peut être tranchée qu’en comparant des groupes tirés au sort. Cela a été fait sur 400
patients : le traitement ostéopathique n’a pas obtenu de meilleur résultat
que le placebo[11,12].
« Un proche souffrait de migraines depuis quinze ans, un ostéopathe l’a guéri. »
Plusieurs explications sont compatibles avec cette observation : les migraines évoluent par
cycles et connaissent des rémissions spontanées ; un autre facteur a pu changer au même
moment (sommeil, charge de travail, statut hormonal, correction optique, arrêt d’un
traitement) ; la période de rémission est parfois brève et la rechute n’est pas comptabilisée.
Un cas isolé ne permet pas de conclure, parce qu’il ne comporte aucun terme de
comparaison : nul ne saura ce qui se serait produit sans la séance. Les essais
cliniques ont précisément été conçus pour résoudre cette limite, qui affecte également
l’expérience de ceux qui contestent l’ostéopathie.
« Mon nourrisson pleurait sans arrêt, il s’est apaisé après la séance. »
Les coliques du nourrisson cessent spontanément, généralement vers trois à quatre mois.
Toute intervention pratiquée dans les semaines qui précèdent cette échéance paraît donc
efficace. C’est en outre la situation dans laquelle l’évaluation est la moins fiable :
ce sont les parents qui jugent des pleurs, après avoir payé une séance,
attendu un résultat, et souvent dans un état d’épuisement.
Les données disponibles ne permettent pas de distinguer le bénéfice rapporté d’un effet
placebo[1]. L’Académie nationale de médecine a publié en décembre 2024
une mise en garde explicite sur l’ostéopathie viscérale et crânienne chez le nouveau-né,
en citant nommément les coliques, les pleurs nocturnes et les troubles de l’alimentation
parmi les motifs proposés aux parents, et en dénonçant la publicité faite à ces pratiques
en maternité[21,22].
« Cela a fonctionné sur mon chien, mon cheval ou mon hamster. Un animal ne connaît pas l’effet placebo. »
Premièrement, l’animal n’a effectivement pas d’attentes, mais ce n’est pas
lui qui évalue le résultat. C’est son propriétaire, qui a payé la séance, espéré une
amélioration et observe son animal avec une attention accrue dans les heures qui suivent.
Ce phénomène est identifié en médecine vétérinaire sous le nom d’effet placebo par
procuration : dans les essais vétérinaires menés en aveugle, propriétaires et
vétérinaires rapportent régulièrement une amélioration nette chez des animaux n’ayant reçu
qu’un produit inactif, alors que les mesures instrumentales ne varient pas.
Deuxièmement, les affections locomotrices animales évoluent également par
cycles et régressent spontanément. L’ostéopathe est appelé au moment le plus défavorable,
ce qui expose au même biais de régression vers la moyenne.
Troisièmement, un animal contenu, manipulé et massé pendant trois quarts
d’heure reçoit une stimulation et une attention considérables, susceptibles de le
décontracter réellement, sans qu’aucune lésion ostéopathique ait été corrigée.
Enfin, l’argument se retourne : le crâne d’un cheval n’a pas davantage de mobilité que celui
d’un humain[18]. Si la structure invoquée n’existe pas chez l’un, elle
n’existe pas non plus chez l’autre.
Séance d’ostéopathie animale appliquée à un furet. L’ostéopathie vétérinaire reprend intégralement les concepts de l’ostéopathie humaine, y compris ceux, comme le « mouvement respiratoire primaire », dont l’existence n’a jamais été établie.Crédit :
Animatum, via Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0
« L’ostéopathe a trouvé quelque chose que le médecin n’avait pas vu. »
Trouver quelque chose et trouver quelque chose de réel sont deux opérations distinctes.
Une palpation prolongée met toujours en évidence une asymétrie, car
toute personne est asymétrique : longueur des membres, hauteur du bassin,
position des épaules. Ces variations sont, dans l’immense majorité des cas, sans relation
avec la douleur.
Le test décisif a été conduit : lorsque plusieurs ostéopathes examinent un même sujet en
aveugle, ils n’identifient pas les mêmes dysfonctions[18,37].
Un examen dont le résultat dépend de l’examinateur ne mesure pas l’état du patient.
Ce qui produit le sentiment inverse est la précision apparente du récit : un os est nommé,
un point est désigné, une chaîne causale est exposée. Un médecin qui conclut à une lombalgie
commune appelée à régresser fournit une information plus exacte et nettement moins
satisfaisante.
« C’est mon médecin traitant qui m’a orienté vers un ostéopathe. »
Cette orientation est fréquente et ne constitue pas une validation scientifique. Un médecin
généraliste dispose de douze à quinze minutes face à une douleur chronique pour laquelle les
antalgiques plafonnent rapidement, l’accès à la kinésithérapie est saturé et la chirurgie
n’est pas indiquée. Orienter vers un ostéopathe permet de proposer une démarche à un patient
qui repartirait sinon sans solution.
Il s’agit d’une orientation par défaut, non d’un avis étayé sur des données.
L’argument d’autorité ne remplace pas une donnée, et les institutions
médicales consultées sur le fond, dont l’Académie nationale de médecine et l’Ordre des
masseurs-kinésithérapeutes, ont exprimé une position contraire[21,23,20].
« Si c’était sans fondement, l’État n’agréerait pas les écoles. »
L’agrément est une procédure administrative. Il vérifie qu’un établissement respecte un
cahier des charges (volume horaire, conformité au référentiel, qualification des
enseignants, capacités d’accueil) et n’examine à aucun moment si ce qui est enseigné
est démontré[5]. Le référentiel a d’ailleurs été
construit à partir de la pratique existante : l’État a encadré une pratique installée,
il ne l’a pas validée.
Le décret de 2007 le montre en creux, puisqu’il restreint les actes les plus risqués au
lieu de se prononcer sur la méthode[3], et l’Inspection
générale des affaires sociales relevait en mai 2023 une hétérogénéité de la qualité de la
formation ainsi qu’une commission d’agrément en difficulté pour vérifier des critères
essentiels[6].
Le détail figure en section 01.
« Au pire, cela ne fait pas de mal. »
Le retard de diagnostic constitue le premier préjudice. Une douleur traitée
pendant plusieurs semaines comme un blocage mécanique est une douleur qui n’est pas
explorée. Le décret de 2007 impose d’ailleurs à l’ostéopathe d’orienter vers un médecin dès
que les symptômes justifient des examens complémentaires[3,4],
obligation qui suppose de savoir reconnaître les signes d’alerte.
Le geste lui-même comporte un risque. Le ministère chargé de la santé
l’énonce sans détour : « un risque de complication rare mais d’une
extrême gravité existe après des manipulations cervicales : une dissection ou une
thrombose de l’artère vertébrobasilaire, qui est une forme d’accident vasculaire cérébral
pouvant entraîner la mort ou une
tétraplégie »[33,31,24]. C’est la raison
pour laquelle la réglementation exige une attestation médicale de non contre-indication
préalable[4]. Un risque faible reste disproportionné lorsque le
bénéfice attendu n’est pas démontré.
La représentation du corps qui en résulte constitue le troisième préjudice.
Repartir avec l’idée d’une vertèbre déplacée ou d’un bassin décalé installe une conception
fausse et fragilisante. Or la peur du mouvement figure parmi les principaux facteurs de
passage d’une douleur aiguë à une douleur chronique, et les recommandations officielles
insistent au contraire sur le maintien de l’activité[26].
« L’ostéopathie ne peut pas être évaluée : chaque traitement est individualisé. »
Cette objection ne résiste pas à l’examen du protocole. L’essai français de 2021 a laissé aux
ostéopathes une liberté complète : examen libre, choix des techniques,
adaptation du traitement[11,12]. Ce n’est pas un protocole rigide qui a
été évalué, mais l’ostéopathie telle qu’elle se pratique, comparée à un placebo crédible.
Par ailleurs, si cette objection était fondée, elle serait défavorable à l’ostéopathie et non
à la méthode scientifique : une pratique qui ne peut jamais être évaluée est une pratique qui
ne peut jamais démontrer son efficacité. Elle demanderait alors d’être crue
sur parole, position difficile à tenir dès lors qu’elle est facturée et qu’elle s’exerce sur
des corps.
« La science ne sait pas tout, il faut rester ouvert. »
La première proposition est exacte, et c’est ce qui distingue une démarche scientifique
d’une doctrine : la première publie ses incertitudes et révise ses conclusions lorsque les
données changent. Une doctrine formulée en 1874 à la suite d’une révélation, et dont les
principes fondateurs n’ont pas été révisés depuis, ne présente pas cette
caractéristique[1].
L’ouverture d’esprit ne consiste pas à accepter toute hypothèse, mais à accepter de les
soumettre au même examen. L’ostéopathie a été soumise à cet examen. Les résultats
sont négatifs[11,18,21].
Synthèse
Le soulagement rapporté est réel. Il ne provient pas de la correction d’une lésion
ostéopathique, mais de l’évolution spontanée du trouble, du temps de consultation, de la
relation de soin et de l’effet placebo. Ces facteurs sont accessibles ailleurs, dans un cadre
où le diagnostic est posé et où l’acte est pris en charge.
04/06
Quand avoir recours à l’ostéopathie ?
La liste est courte, et chacune de ces situations dispose d’une alternative au moins équivalente et prise en charge.
Une critique n’est utile que si elle reste exacte y compris lorsqu’elle joue contre elle-même.
Il existe des situations dans lesquelles consulter un ostéopathe n’est pas déraisonnable.
Elles sont peu nombreuses, elles sont strictement encadrées, et il faut connaître la condition
commune à toutes : elles concernent uniquement la thérapie manuelle appliquée à des
troubles musculo-squelettiques bénins déjà diagnostiqués[26].
Elles ne valident jamais la doctrine ostéopathique elle-même.
Les trois situations recevables
1
Lombalgie commune déjà diagnostiquée
C’est le seul motif pour lequel un bénéfice a été mesuré, même faible[11,26].
La Haute Autorité de santé admet une place complémentaire aux thérapies manuelles, dans une
démarche globale centrée sur la reprise de l’activité[26].
Condition : un médecin a écarté les causes nécessitant une prise en charge
spécifique.
2
Cervicalgie ou contracture bénigne, sans manipulation cervicale
Mobilisations douces et travail musculaire peuvent apporter un soulagement transitoire.
Condition : refuser la manipulation cervicale à haute vélocité, seul geste
associé à un risque grave[24,25], sauf attestation médicale de non
contre-indication comme l’exige le décret[4].
3
Recours assumé, en connaissance de cause
Un adulte informé qui souhaite une séance de contact manuel prolongé, en sachant que
l’effet obtenu relève du placebo et de la détente musculaire, effectue un choix personnel
légitime. Condition : ne pas payer pour une explication fausse, et ne pas
y substituer un examen médical nécessaire.
Les sept conditions cumulatives
Si l’une seulement de ces conditions n’est pas remplie, la consultation cesse d’être défendable.
Le diagnostic médical a été posé avant
Un médecin a examiné le patient et conclu à un trouble fonctionnel bénin. L’ostéopathe
n’est pas habilité à établir un diagnostic médical, et le décret lui impose d’orienter
vers un médecin dès que des examens complémentaires sont justifiés[3,4].
La technique employée est exclusivement structurelle
Mobilisations articulaires et travail musculaire. Toute séance relevant de l’ostéopathie
crânienne, viscérale, biodynamique ou somato-émotionnelle sort du champ de ce qui est
défendable : ces branches sont dépourvues de fondement établi[18,21].
Aucune manipulation cervicale sans attestation médicale
Cette exigence est réglementaire et non facultative[4]. Le risque
de dissection de l’artère vertébrale, bien que rare, justifie de refuser ce geste en
l’absence d’évaluation médicale préalable[24,25].
Jamais chez le nourrisson
L’Académie nationale de médecine a explicitement mis en garde contre les pratiques
ostéopathiques appliquées aux nouveau-nés, dont l’efficacité et la sécurité ne sont pas
démontrées[21,22]. Aucune des situations pour lesquelles
les parents sont sollicités ne relève de l’ostéopathie.
Un nombre de séances limité et annoncé d’avance
Une à trois séances au maximum. L’absence d’amélioration doit conduire à un retour vers le
médecin, non à la poursuite du traitement. Les formules d’entretien périodique, les
abonnements et les séances de contrôle sans symptôme n’ont aucune justification.
Aucune allégation en dehors du champ musculo-squelettique
Un ostéopathe qui annonce traiter l’asthme, les otites, le reflux, la fertilité, l’anxiété,
les troubles digestifs ou le sommeil sort du cadre légal, qui limite son activité aux
troubles fonctionnels à l’exclusion des pathologies organiques[4].
Ce type d’allégation est signalable[41].
Aucune interférence avec un traitement en cours
Un ostéopathe n’a le droit ni de prescrire, ni de modifier, ni de conseiller l’arrêt d’un
traitement médical[4]. Un conseil de cette nature doit conduire à
interrompre la consultation et à en informer le médecin traitant.
Situations dans lesquelles il ne faut pas consulter un ostéopathe
Le ministère chargé de la santé met en garde contre les risques
d’évolution défavorable d’une pathologie ou d’aggravation de lésions ostéo-articulaires
préexistantes si l’ostéopathie remplace un traitement dont l’efficacité est
prouvée[33]. Les situations suivantes relèvent
toutes de ce cas de figure.
Nourrisson et jeune enfant, quel que soit le motif.
L’Académie nationale de médecine juge ces pratiques sans fondement scientifique avéré et
d’efficacité comme de sécurité non démontrées[21,22].
La réglementation impose d’ailleurs un certificat médical avant toute manipulation du
crâne, de la face ou du rachis avant six mois[4].
Douleur accompagnée de fièvre, d’un amaigrissement, de sueurs nocturnes ou d’un
antécédent de cancer.
Ce sont des signes d’alerte évoquant une cause infectieuse, inflammatoire ou tumorale, qui
appellent un diagnostic médical avant tout geste[26].
L’ostéopathe n’est de toute façon pas autorisé à intervenir dès lors que les symptômes
justifient des examens complémentaires[4].
Douleur consécutive à un traumatisme, ou survenant sur un terrain
d’ostéoporose.
Une fracture peut être méconnue et l’os fragilisé se rompre sous la contrainte : c’est
précisément l’aggravation de lésions ostéo-articulaires préexistantes contre laquelle le
ministère met en garde[33,24].
Perte de force, trouble de la sensibilité, trouble sphinctérien, douleur irradiant
dans un membre.
Ces signes évoquent une atteinte neurologique par compression, et figurent parmi les
signes d’alerte qui imposent un avis médical, parfois en
urgence[26].
Douleur thoracique, douleur de l’épaule ou de la mâchoire d’apparition brutale,
essoufflement.
Une douleur peut être projetée et d’origine cardiaque. Le préjudice n’est alors pas le
geste lui-même mais le temps perdu : c’est le mécanisme de perte
de chance décrit par le ministère[33]. Appelez le 15.
Traitement anticoagulant en cours.
Le risque hémorragique contre-indique les manipulations, en particulier
cervicales[24].
Grossesse, pour tout acte relevant du champ gynéco-obstétrical.
L’article 3 du décret de 2007 interdit aux ostéopathes non professionnels de santé les
manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens, sans dérogation
possible[4,31].
La conclusion à en tirer
Dans chacune des situations recevables ci-dessus, un masseur-kinésithérapeute formé à la
thérapie manuelle produit au moins le même résultat, avec un diplôme d’État, un ordre
professionnel, une déontologie opposable et une prise en charge par l’Assurance maladie sur
prescription[26]. Il n’existe donc aucune situation dans
laquelle l’ostéopathie constitue la meilleure option disponible, seulement des
situations dans lesquelles elle n’est pas nuisible.
05/06
Alors on consulte qui, à la place ?
Écarter une option sans en proposer d’autres n’a aucune utilité. Voici les recours dont l’efficacité est établie.
Les motifs qui conduisent chez un ostéopathe sont réels : douleurs de dos, de nuque, d’épaule,
céphalées, douleurs persistantes mal expliquées. Ces motifs relèvent de professionnels dont la
formation est encadrée par un diplôme d’État, l’activité par une déontologie opposable, et les
actes par une prise en charge de l’Assurance maladie.
Le premier recours, dans tous les cas
A
Le médecin généraliste
Sa fonction est d’écarter ce qui est grave et de nommer ce qui ne l’est pas. Le diagnostic
de « lombalgie commune » n’est pas une absence de diagnostic : il signifie que les causes
nécessitant une prise en charge spécifique ont été éliminées et que l’évolution attendue est
favorable[26]. Il prescrit la kinésithérapie, les examens utiles et
oriente vers les spécialités.
Prise en charge par l’Assurance maladie. C’est également l’étape que la réglementation
impose avant toute manipulation cervicale ou avant tout acte sur un nourrisson[4].
B
Le masseur-kinésithérapeute
Professionnel de santé titulaire d’un diplôme d’État de niveau master, inscrit à un ordre
professionnel et soumis à un code de déontologie opposable[28].
Il pratique la thérapie manuelle, c’est-à-dire la partie dont l’intérêt est établi, et il y
associe le réentraînement à l’effort, qui constitue le traitement de fond des lombalgies
récidivantes[26,27].
Prise en charge par l’Assurance maladie sur prescription. Accès direct possible dans
certaines situations et certains territoires.
Selon la situation
→
Activité physique et reprise du mouvement
C’est la recommandation de premier rang pour la lombalgie commune : maintenir ou reprendre
l’activité le plus tôt possible, éviter l’immobilisation, comprendre que la douleur
n’équivaut pas à une lésion[26,27]. Le repos
prolongé et l’évitement du mouvement favorisent le passage à la chronicité.
→
Rhumatologue, médecin du sport, médecin de médecine physique et de réadaptation
Pour les douleurs articulaires persistantes, les suites de traumatisme, les pathologies
inflammatoires et les situations complexes nécessitant une expertise et des examens
d’imagerie interprétés.
→
Structure spécialisée dans la douleur chronique
Pour une douleur évoluant depuis plus de trois mois et résistant aux traitements habituels.
Ces structures pluriprofessionnelles sont réparties sur le territoire et accessibles sur
adressage médical[29,30].
→
Psychologue formé aux thérapies cognitivo-comportementales
La composante psychologique d’une douleur chronique n’est pas une manière de dire qu’elle
serait imaginaire : elle en constitue un déterminant reconnu, et sa prise en charge fait
partie des recommandations[29].
→
Sage-femme
Pour la grossesse et le post-partum, y compris la rééducation périnéale. Rappel :
les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens sont interdits aux
ostéopathes non médecins, sans dérogation possible[4].
→
Pédiatre, médecin traitant, protection maternelle et infantile
Pour un nourrisson qui pleure, régurgite, dort mal ou s’alimente difficilement.
L’Académie nationale de médecine déconseille explicitement le recours à l’ostéopathie dans
ces situations[21,22]. La consultation de suivi pédiatrique
est intégralement prise en charge.
Consulter sans délai, sans passer par un ostéopathe
Douleur thoracique, douleur de l’épaule ou de la mâchoire d’apparition brutale, essoufflement : appeler le 15.
Déficit moteur, trouble de la sensibilité, trouble urinaire ou anal associé à une lombalgie : urgence.
Céphalée brutale et inhabituelle, troubles de la parole, de la vision ou de l’équilibre : appeler le 15.
Douleur avec fièvre, amaigrissement, sueurs nocturnes, ou antécédent de cancer : consultation rapide.
Douleur survenue après une chute ou un choc : avis médical avant toute manipulation.
Sur le temps d’écoute
L’un des motifs réels de la fréquentation des cabinets d’ostéopathie est la durée de la
consultation et la qualité de l’écoute. Ce besoin est légitime. Le fait qu’il soit aujourd’hui
plus facile de l’obtenir en payant 70 € hors du système de soins que dans une consultation
prise en charge constitue un problème d’organisation de la santé, non un argument en faveur
de l’ostéopathie.
06/06
Comment en informer les autres
Détenir un argument exact ne suffit pas à le rendre audible.
Contredire frontalement une personne sur une expérience qu’elle a vécue dans son corps ne
modifie pas sa position : cela la conduit à la défendre. Arriver avec l’essai publié dans le
JAMA et le communiqué de l’Académie de médecine est la méthode la moins efficace, alors
même que ces documents sont exacts[11,21].
Six règles de discussion
Reconnaître d’abord le vécu
La personne n’invente rien : elle a eu mal, elle a été soulagée. Contester ce point fait
échouer la conversation immédiatement. Le désaccord ne porte pas sur ce qui a été
ressenti, mais sur la cause qui lui a été attribuée.
Séparer les deux questions
« Avez-vous été soulagé ? » et « est-ce le geste qui vous a soulagé ? » sont deux questions
distinctes. La première se règle par le ressenti, la seconde par la comparaison à un
placebo[11]. Tant qu’elles restent confondues, la discussion ne progresse pas.
Poser des questions plutôt qu’asséner des conclusions
« Comment sauriez-vous que cela n’a pas fonctionné ? » « Si les gestes avaient été
simulés pendant quarante-cinq minutes, auriez-vous senti la différence ? » « Qu’est-ce qui
vous ferait changer d’avis ? » Une question que l’on se pose à soi-même déplace davantage
qu’une preuve opposée.
Viser la pratique, non les personnes
Ni le patient, ni l’ostéopathe. Dans leur grande majorité, les ostéopathes sont
sincères : la doctrine leur a été enseignée pendant cinq ans dans un cadre
agréé par l’État[5], et leurs patients repartent satisfaits pour les
raisons exposées en section 03. Mettre en cause leur honnêteté
est à la fois inexact et improductif.
Un seul argument par conversation
Les trois plus solides, dans l’ordre : le titre d’ostéopathe ne correspond pas à un
diplôme d’État et l’ostéopathie n’est pas une profession de santé[2,1] ;
deux ostéopathes examinant le même patient n’identifient pas les mêmes
dysfonctions[18] ; l’Académie nationale de médecine met en
garde contre les manipulations pratiquées sur les nouveau-nés[21].
Accepter de ne pas conclure
Un changement d’avis ne se produit pas devant témoins, en fin de repas. Il se produit
plus tard, seul. L’objectif réaliste n’est pas d’emporter la discussion, mais de
laisser une question ouverte.
Ce que cette page n’est pas
Ce n’est pas une mise en cause des patients. Consulter un ostéopathe en France est un
comportement cohérent au regard du titre protégé, de la formation de cinq ans et de la prise
en charge par les complémentaires santé[2,5,39].
Ce n’est pas une mise en cause des ostéopathes en tant que personnes. Ce sont la doctrine
enseignée et le statut qui lui a été accordé qui sont en cause.
Ce n’est pas un rejet du contact manuel, du soin ou du temps d’écoute. Ces éléments
produisent des effets réels, et il est anormal qu’il faille recourir à une pratique non
validée et non remboursée pour en bénéficier.
Ce qu’il est possible de faire
Examiner son contrat de complémentaire santé. Si un forfait « médecines
douces » couvre l’ostéopathie, demander par écrit sur quelles données cette prise en charge
est fondée. C’est le levier identifié par le collectif NoFakeMed, et celui qui a conduit au
déremboursement de l’homéopathie[38,39,40].
Ne pas conduire un nourrisson chez un ostéopathe, quel que soit le motif
invoqué, conformément à la mise en garde de l’Académie nationale de
médecine[21,22].
Refuser toute manipulation cervicale en l’absence d’attestation médicale de
non contre-indication. Cette exigence est réglementaire[4,24].
Faire établir le diagnostic avant toute prise en charge manuelle, en
particulier devant une douleur nouvelle, nocturne, fébrile, ou accompagnée d’une perte de
force ou de poids[26].
Signaler les allégations thérapeutiques sortant du cadre légal. Un cabinet
ou un site annonçant traiter l’asthme, les otites, la fertilité, le reflux ou l’anxiété
excède le champ fixé par le décret[4]. Le signalement s’effectue
auprès de l’agence régionale de santé compétente et sur SignalConso[41].
Signaler la publicité en maternité. Prospectus, cartes de visite ou
démarchage au chevet : la direction de l’établissement peut être saisie par écrit, en
s’appuyant sur le communiqué de l’Académie nationale de médecine, qui dénonce expressément
cette pratique[21,23].
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reproductible. Les 41 références sur lesquelles il repose sont listées en
fin de page et vérifiables une par une.
Références
Vérifier par soi-même
Une page qui reproche à l’ostéopathie l’absence de preuves se doit d’apporter les siennes.
Chaque affirmation chiffrée ou factuelle de ce site renvoie par un appel de note à l’une des
41 références ci-dessous. Toutes sont publiques et accessibles en ligne.
En cas de désaccord sur l’interprétation de l’une d’elles,
vous pouvez nous contacter sur cette page.
[17]
Dobson D. et coll., « Manipulative therapies for infantile colic » trad.Thérapies manipulatives dans les coliques du nourrisson : revue systématique Cochrane. Conclusion : les études disponibles sont de faible qualité méthodologique et ne permettent pas d’établir un bénéfice. Cochrane Database of Systematic Reviews, notice PubMed 23235617 · 2012pubmed.ncbi.nlm.nih.gov↑ retour à la lecture
Une erreur, une source devenue obsolète ou une nuance manquante peut être signalée
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corrigée, ce qui constitue précisément la différence de méthode dont il est question tout au
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